Alice aux petites balles perdues d’Aurélie Lesage

Je flâne, quand soudain, le revolver d’une gentille Alice de Disney pointe son canon en coeur sur moi. Le contraste de la couverture noire et des couleurs vives de la demoiselle, le rouge du coeur, la vivacité de la fumée et des fleurs me rappelle cette vision psychédélique quand on m’a dit  » You’re the coolest thing since Alice’s Bread ».

J’achète sans vraiment savoir à quoi m’attendre. Je n’attendais rien et je me suis pris une claque littéraire. Le coup de revolver, BAM !

C’est l’histoire d’Alice, une adolescente discrète qui accepte un défi fou : jouer à la roulette russe tous les matins pendant une semaine. Pulsion de vie, voyage initiatique et réflexions intérieures philosophiques. Un voyage au Pays des pensées percutant.

La chute pouvait être prévisible, mais, l’écriture est si fluide, les analyses bien menées qu’on se laisse tout simplement aspirer dans le terrier du conte sans trop réfléchir. Cette chute n’en reste pas moins surprenante et appelle à une relecture.

Merci Aurélie Lesage pour cette merveille littéraire. Cela faisait longtemps que j’avais savouré un livre de cette façon. C’est très rare que je relise un ouvrage, celui ci est donc une belle exception.

Quelques citations en feuilletant, pas forcément les meilleures, je te laisse découvrir par toi même le reste en lisant l’œuvre.

Incipit :

 » […] Nikki, c’est le genre de fille accro aux mecs, si vous voyez ce que je veux dire. Elle en a vu passer! L’histoire commence toujours de la même manière, un garçon la regarde, lui dit qu’elle est belle et elle tombe tout de suite amoureuse. Nikki adorait se sentir admirée, mais je ne sais pas si un homme a su la voir réellement. Ils ont cru l’avoir en tout cas. Qui voit-on réellement? Les autres demeurent un mystère, leur intériorité nous échappe, nous ne les connaissons jamais réellement. Comment aimer si l’autre reste un inconnu? J’aurais voulu aimer véritablement cet autre, toucher le mystère qui se cachait en lui. J’étais sans doute la seule à ressentir cela; pour mes amis, tout semblait tellement plus simple. »

Première page, et déjà, tellement de mots qui me transpercent, de pensées que j’aurais voulu écrire, de nuances qu’il me plait à relever et d’interrogation auxquelles il est difficile de répondre. L’amour, celui qui me questionne plus je grandis, plus j’expérimente. Celui qu’on trouve surfait, compliqué. Oui Alice, peut-on aimer sans connaitre? Est-ce qu’aimer c’est connaitre? Et les amants de Nikki? Possède-t-on vraiment quelqu’un? Je n’avais pas remarqué la présence répétée du « réellement », un peu pour rappeler que l’amour est comme un mirage, un songe, le début du conte initiatique qui s’en va dans le pays des merveilles, enfin, des balles perdues.

« Retirez le plaisir aux gens ou imposez lui une jouissance et vous en ferez des esclaves. Je n’avais pas envie d’être esclave. »

 » La chose la plus difficile est de vivre sa vie ; on se contente de suivre le choix des autres. [… j’aurais bien envie de citer ce qu’il y a au milieu, mais ce ne serait pas fairplay] pour oublier qu’aucun choix n’est totalement libre, on lit, on s’imagine sous les traits d’une héroïne qui n’a peur de rien ou qui a peur de tout, mais surmonte ses angoisses pour sauver le monde.« 

Vraiment, je me retiens de citer plus, je retranscrirai le livre entier.

A toi de le lire et d’écrire en commentaire tes passages préférés !

Bonne lecture.

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