Marguerite Duras, mon amour

Ma première rencontre avec Marguerite Duras se fait sur les bancs du lycée. On ne remercie jamais assez les professeurs de lettres qui ouvrent les portes de tout un monde pour quiconque tendra l’oreille et ouvrira ses yeux. Lire, c’est partir, c’est voyager dans le temps, dans l’espace. Lire c’est vivre toutes les vies que nous n’avons pas pour nourrir la notre. Lire c’est ouvrir son esprit.

Marguerite, quand on la lit, on l’entend.

La première fois, c’était un extrait de  » écrire  » dans un corpus de textes sur l’écriture. Je me suis empressée d’acheter le livre dès que j’ai quitté le lycée.

Je me suis dès lors, identifiée à Marguerite Duras. Une jeune femme qui séduit ingénument et qui veut écrire à tout prix. Marguerite elle attrape. Pas de fioriture. Des phrases pesées. Des mots choisis. Une vérité, sa vérité, aiguisée comme une lame de rasoir.

Marguerite a la rage et écrit avec ses tripes.
C’est un étalage de sa vie et de ce qu’il y a de plus pur comme de plus sombre à la fois.

Je m’aperçois en parcourant sa bibliographie que je n’en ai pas beaucoup lu finalement. Mais elle m’a marquée et fait partie de mes auteures préférées. Parce que j’ai relu sans jamais me lasser, les premiers ouvrages d’elle que j’ai eu adolescente :  » un barrage contre le Pacifique« ,  » écrire  » et  » l’amant « .

J’ai reçu à Noël  » l’amant de la Chine du nord« . Et, en lisant, j’ai l’étrange impression de retrouver des passages de l’amant. C’est toujours écrit avec le style que seule Marguerite peut utiliser. Je suis avec elle sur le Mékong, et je désire autant le chinois qu’elle. Je veux sauver ma famille, me sauver et jouer avec mon corps. En réalité, Marguerite Duras a écrit cet ouvrage après l’adaptation de « l’amant » en film qu’elle n’a pas du tout aimé. De fait, on constate en annotations de nombreux commentaire  » en cas de film.. » et certains passages sont très cinématographiques.

Après avoir replongé dans l’histoire forte, pauvre et exotique de l’enfance et l’adolescence de Marguerite, je souhaite poursuivre le plaisir avec le roman graphique de Kan Takahama qui a brillamment illustré le texte.

J’ai beaucoup aimé l’introduction où elle raconte son rapport à l’amant et au fait que nous nous sommes toutes sûrement identifiées à cette jeune fille. Oui.

Je suis fascinée par cette femme qui se met à nue sous le regard du lecteur. Qui parle sans pudeur mais avec beaucoup d’élégance de la « jouissance qui fait crier« . Avec une innocence désarmante de l’inceste et de viol sur mineur. A 15 ans et demi, lorsqu’on est pauvre, choisit on vraiment de coucher avec un homme millionnaire du double de son âge ? Je ne sais pas… Tout dans le livre le laisse penser. Tout jusqu’à l’appel, à l’âge adulte de l’amant à Marguerite. Tout jusqu’à la réécriture du second ouvrage lorsqu’elle aura appris la mort du chinois.

Marguerite Duras mérite beaucoup plus et beaucoup mieux que ces quelques lignes.

C’est comme le coup de foudre, l’amour au premier regard. j’en ai lu peu, mais je sais que je l’aime déjà.

Si tu as un ouvrage en particulier à me recommander, une critique ou autre, libre à toi de commenter.

Dessins fait en m’inspirant de la bd de kan Takahama – 07 avril 2022 première tentative

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