« Tout quitter » d’Anaïs Vanel

https://www.anaisvanel.com/ pour découvrir plus en détails les ouvrages, interviews, ateliers et retraites proposés par Anaïs Vanel.

Un livre acheté sur un coup de tête dans ma phase de renaissance 2022 ( si tu as lu l’article sur Rupture(s) de Claire Marin, tu comprends de quoi je parle). Un titre dans l’impulsion du moment, dans l’envie d’autre chose, d’ailleurs. Une couverture aux airs salés de vacances. Bref, un ouvrage qui me plait avant même d’avoir parcouru la 4ème de couverture ou commencé ma lecture.

Un livre pour les fan de surf, les hypersensibles aux descriptions des ressentis par les cinq sens et du détail, les personnes en quête de sens et en phase de transition ou de changement, les poètes, les curieux.

Le format

C’est un livre qui respire! Peu épais, il pourra plaire aux personnes qui se découragent devant un pavé. Et chaque page comporte peu de paragraphes, parfois un seul, avec de l’espace en haut et en bas. Un gaspillage de papier, peut-être pour certains, pour d’autres, comme moi, un choix qui fait sens et s’intègre à la vie et au rythme de l’histoire.

Catégorie

Souvent, je ne prête pas attention au genre de l’œuvre. Ici, je ne sais pas en débutant si c’est une fiction ou une autobiographie. Grâce aux remerciements et à mes recherches, j’ai constaté que c’était bel et bien autobiographique.

Le sujet

Inspirant. Qui n’a pas un jour envisagé de prendre la voiture, rouler et tout quitter? Se retrouver hors de son quotidien pour en créer un nouveau, plus aligné?

Le style

Précis, poétique, profond. Un livre que j’aurais aimé écrire.

 » Avoir du temps surprend. On est tenté de le remplir. De l’employer. C’est ce qu’on sait faire. Employer le temps. J’ai parfois le réflexe de vouloir cocher toutes les cases d’une liste. Concrétiser ces projections faites d’une ancienne vie sur une aventure fantasmée. A la place, je m’accorde l’insolence de lézarder au soleil. C’est une activité bénéfique. Des pensées simples se présentent à moi. Il faut apprendre. Il faut redevenir un débutant. Il faut aller dehors. Se mettre en quête d’un terrain de jeu. Y déployer son énergie. C’est un noble défi. Le plus pur. Je ne lirai pas Guerre et Paix. Je ne regarderai pas les quatre-vingt-six films essentiels selon Spike Lee. J’ai repris dix cours à l’école de surf. Il faut s’offrir l’ivresse d’un nouveau monde. Et se laisser conquérir par lui. »

C’est ce que j’ai ressenti lors de mon arrêt maladie. J’avais du temps pour me remettre d’aplomb. Et c’était culpabilisant. Et, une fois les premières semaines de crash total et de sommeil nécessaire passées, j’ai tenté de reprendre mes listes. Et puis… Je me suis enfin écoutée. J’ai été insolente sur ma terrasse. J’ai eu des pensées simples. J’ai été débutante, en peinture, en couture, en musique, en rédaction, en équitation. J’ai repris des cours d’équitation. Encore aujourd’hui je suis ivre.

«  »Le conflit de générations » est cette clé que l’on va chercher quand toutes les portes se ferment. C’est oublier que les valeurs de la jeunesse ne sont pas le fait d’une génération. Moi, je souhaite rester fidèle aux valeurs du monde dans lequel j’ai grandi. Un monde dans lequel les adultes étaient un peu sots, et les méchants, des monstres en chamallow. »

« Marion est revenue chercher dans l’océan et dans la forêt le souffle qu’elle ne parvient plus à reprendre à Paris. J’ai parfois l’impression que notre génération entière se sent prisonnière et que le monde du travail tel que nous le connaissons serait semblable à un compacteur de détritus dans l’Etoile de la mort. Nous nous battons contre des Dianogas jusqu’au moment où il replie ses portes sur nous et, nous comprenons alors la valeur de notre force, la nécessité de la mettre au service d’une plus grande cause. Nous-mêmes. »

Partir est parfois nécessaire. Voir inévitable. La tournure de la seconde phrase me pique. Est-ce que notre génération se sent elle simplement prisonnière, ou l’est-elle réellement? Du travail en général ou du travail tel qu’il est? C’est quand même fou de se dire que pendant des milliers d’années, on a appris à se tuer à la tâche. Fut un temps dans l’élaboration des tâches simples pour élever les bêtes et entretenir les terrains qui apportaient nourriture et abris. L’envie de posséder, conquérir, soumettre, amasser… Des guerres au capitalisme extrême a complètement pourri le monde du travail. En se tournant vers nous même, pour de vrai, n’irions-nous pas vers le bien commun. Le respect de soi, le goût de la nature, la quiétude des autres.

« Apprendre. Découvrir. S’émerveiller. Expérimenter. Se relier à la nature. Vibrer. Lâcher prise. Se connecter aux autres. Partager. Oser ne rien faire. Contempler. Improviser. Semer. Récolter. Donner. Rêver. Créer. Simplifier. Commencer. Imaginer. Se lancer. Exister. Respirer. Ressentir. Ecouter. Clarifier. Essayer. Apprécier. Grandir. Explorer. Rire. Sourire. Guérir. Aimer. Chanter. S’élever. Se libérer. Vivre.

Tout est dit. Et si, et si cette liste de verbe était imprimée ou recopiée chaque jour, et que nous surlignions chaque jour ce qui a été mis en œuvre dans ce sens. Si c’était la seule liste essentielle à cocher?

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