Pour une épine, des dizaines de pétales…

Parfois, l’amitié, l’amour, ça fait mal. Parfois il y a des réactions innatendus, des conseils maladroits, des inquiétudes exprimées de façon floues, des points de vues qui ne sont pas objectifs, biaisés par un vécu, ses propres traumas, tout un tas de facteurs. Une simple phrase, un soliloque bienveillant peut devenir la pire des claques.

En amitié comme en amour, il arrive d’être malheureux. Une minute, une heure, une journée, en dents de scie. Un tout petit peu ou beaucoup. Et c’est normal. Plus ou moins. Rien de précis, ça dépend. C’est là qu’entre en jeu les épines et les pétales. Comme il y a des matins où on a pas envie d’aller travailler dans la semaine contrairement aux autres jours, comme certains jours une activité loisir nous coûte alors qu’on adore ça. Il faut faire le pour et le contre de combien de fois tu as le plus ou le moins envie.

La solution n’est pas de supprimer tout le négatif, toutes les épines de la rose, mais faire en sorte de constater s’il y a plus de pétales ou d’épines.

Alors à ceux et celles qui me demande  » Est ce un homme vraiment pour toi ?  » À juste titre, je répondrai que bien sûr, déchargeant mes colères et mes émotions mal apprivoisées, je ne vous sers en pâture que les épines. Évidemment que le constat est sans équivoque «  il ne répond pas à tes besoins » ,  » il ne te rend pas heureuse »... Pour une phrase blessante et maladroite, il y a des dizaines d’actes d’amour : le réveil du matin pour que je ne sois en retard, me coudre à la main des tenues et accessoires intégralement, doudous y compris, des caresses et des baisers à chaque fois que l’on se croise dans la maison, me préparer mon café tous les jours, faire attention à mes goûts et mes passions en se renseignant auprès des gens de son entourage qui peuvent m’aider, accueillir et apprécier tous mes amis à bras ouvert et à cœur sincère, respecter mes besoins en ne m’interdisant rien, supporter toutes mes larmes, crises d’angoisses, doutes et ruminations en étant physiquement et mentalement présent, m’encourager dans toutes mes entreprises, m’accepter dans mon intégrité, ne m’aider à changer que si j’en exprime la volonté et le besoins, m’accorder sa confiance et ses confidences même en gardant certaines pour plus tard… Et parmi toutes ces actions, malgré quelques épines, il y a des dizaines de pétales : Certains besoins communs à nourrir ensemble, des projets à deux, des fous rires quotidiens, des caresses et de l’amour tangible à n’en plus finir, du soutien mutuel et des encouragements, de la tendresse et des émotions parfois difficile à partager mais qui quand elles s’offrent sont magiques, des souvenirs communs et des instants présents de qualité, un avenir commun qui se construit…

Il y a des phrases et des mots qui, sortis de leurs contextes, par le prisme d’un seul regard lui même biaisé par une émotion qui passe peuvent fortement inquiéter, décevoir, blesser…. Mais ne permettent ni de juger la personne ni la solution. Alors je suis sincèrement désolée de me plaindre, m’epancher quand ça déborde. De fosser le regard de mes proches et induire des retours qui forcément vont me blesser.

Et parfois, ses actes d’amour, c’est être fidèle à lui-même, me donner ce qu’il attend pour lui même en étant dur pour me faire avancer et grandir. Oui c’est dur, sur le moment. Oui je vous paraît faible et malheureuse à ce moment là. Et puis … Sans ça, je n’aurais probablement pas évolué et avancé mes réflexions. Et je réalise que ça m’aide. Ces fois ci, peut être pas d’autre. Et c’est ok. Personne n’est parfait. Oui parfois je me pique aux épines. Mais je m’enivre beaucoup plus souvent de l’odeur et la douceur des pétales. Oui, bien sûr c’est inacceptable des remarques blessantes. Mais est ce légitime de me plaindre de mon côté de ne pas savoir quoi faire et de végéter sans oser mener les actions que je peux mettre en œuvre pour me bouger? Bien sûr qu’il y a plus correct, et j’ai d’ailleurs réussi à dire que je n’étais pas disponible pour cette discussion et que je n’acceptais pas ces propos. Le compromis se trouve dans les excuses et les efforts d’un côté, la réflexion et les actions de l’autre, une remise en question timide mais commune.

En amitié c’est la même chose. Il y a quelques épines.

on a le droit de ne pas être d’accord avec les actes d’un conjoint d’ami et de ne pas/plus l’apprécier. J’accepte et j’accueille douloureusement cette nouvelle. Il faut simplement se rappeler que notre jugement se fonde sur des moments de décharge émotionnelle où l’autre ne livre qu’une partie des informations et ne donne que rarement l’issu de l’altercation. Se rappeler aussi que l’avis se fond avec nos propres projections. Et enfin, il faut se demander comment on recevrait ses paroles si elles nous étaient adressées et, est-ce qu’elles nous ont tout bonnement été demandées.

Malgré les épines de l’amitié, il y a aussi des dizaines de pétales : des personnes en or toujours présentes quand j’ai besoin où tout simplement pour s’amuser, des descentes chez moi pour des weekends d’amusement, des projets fous à réaliser ensemble, des pensées partagées et éprouvées ensemble, du soutien dans tous les moments et toutes les étapes de la vie, de la confiance et des confidences, des conversations quotidiennes bonnes pour le moral et à n’en plus finir, certains besoins communs à nourrir ensemble, des souvenirs inoubliables et des instants présents de qualité, la possibilité d’être nous même sans filtre et de s’expliquer quoi qu’il arrive, le bonheur de nos vies qui avancent se mêlent se croisent différentes et à la fois partagées dans le respect.

Mes pensées m’appartiennent et je suis seule juge de mes propres besoins et mes propres envies. Oui, il m’arrive beaucoup trop de ne pas assumer ce que je suis et cela peut porter à confusion sur l’interprétation de tout ce que je confie.

J’apprends à dire non. Et dire non, c’est dans tous les cercles. Alors tel la goutte d’eau et son cercle qui s’élargit, je dis non au manque de respect de mes limites et de mes besoins dans ma famille, je dis non à la rudesse de mon conjoint même si c’est pour me faire grandir, je dis non aux jugements violents sur ma relation au point d’être une complication pour nourrir nos amitiés respectives. Je dis non aux jugements de valeurs. Je dis non aux projections d’autrui qui me blessent.

Et j’apprends à ranger dans les cases de « ce qui me convient » et « ne me convient pas ». Il s’avère que tant que les pétales restent plus nombreux, cela me convient et je n’autorise personne à toucher ces boîtes pour moi. Alors avec nos épines respectives, cultivons l’éclosion de nouveaux bourgeons, et tapissons un chemin de pétales pour le reste de la vie ensemble.

L’amour parfait n’existe pas. L’amitié parfaite n’existe pas. Spoiler Alert : le prince charmant n’existe pas. Les princesses non plus. On attire des personnes qui nous ressemblent, des personnes qui complètent nos besoins. Ensuite, reste à œuvrer d’un commun accord et d’actes égaux à l’entretien de la relation. Comme une jolie rose qu’il faut arroser, tailler, nourrir du bon terreau, soigner des pucerons, protéger ou réparer des intempéries…

A toi qui partage ma vie, à toi amant, ami, amie.. à toi avec tes épines et tes nombreux pétales. Je te pardonne et je t’accepte comme tu es. Je te demande d’en faire autant. Accepte moi avec ma singularité, ma normalité, nos différences, mon mode de vie et de pensée et sans jugement. Je refuse des blessures inutiles. Et si je t’en inflige aussi, pardonne moi. Apprenons ensemble à enfiler les gants de jardinage pour ne plus nous piquer !

Roses de belle maman 2021

Une réflexion sur “Pour une épine, des dizaines de pétales…

  1. Latmospherique dit :

    Très joli texte, fort, qui noue parle à tout dans toutes nos relations, dans tout ce qui nous fait et nous défait.
    Parfois quand on se dit on prend le risque d’un jugement de soi, de l’autre. En même temps ce n’est pas toujours facile de ne pas juger quand on voit quelqu’un en souffrance.
    C’est un jeu d’équilibre et de déséquilibre les relations humaines. Mais il y a aussi beaucoup de richesse et c’est ce qu’il faut retenir au creux des vagues!

    Aimé par 1 personne

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